Mardi Jour J
6h45 : il faut remplir les sacs prêtés par la
ferme aux ânes. Tout doit rentrer et il ne faut rien oublier. Les
questions fusent : va t’il pleuvoir ou faire chaud ? Le ravitaillement
sera-t-il suffisant ? Les nuits seront-elles fraîches ?
Et les sacs doivent être équilibrés et pas trop lourds
(40 Kg) bien répartis, le plus utile à porter de main. De quoi tourner
bourrique à cette heure là !
Déjà 1 heure de retard mais il fait beau, restons zen !
Les ânes nous attendent, moins stressés que nous à l’évidence. Le premier
contact est poli, deux trois mouvements d’oreilles en signe de bienvenue
c’est le round d’observation.
Tulipe est une ânesse du Portugal pleine d’expérience,
la robe grisée et bien solide sur ses pattes. Arnica plus jeune et plus
sombre de couleurs n’a pas d’origine identifiée.
Presque 1h30 est encore nécessaire pour peser les sacs,
rééquilibrer les charges au plus près du centre de gravité. C’est la
condition pour un portage sans problème.
Tulipe la plus jeune portera Ilian (4 ans). Ilian
montera t’il sur Tulipe ? Le contact est bon… Oui c’est parti. Les ânes et
les enfants semblent se comprendre. Impassibles ils supportent les
attentions parfois maladroites des enfants sans jamais montrer la moindre
agressivité.
Tahina et Rivo-Maël prennent les longes en main. La
caravane se met tranquillement en marche. Nous sommes accompagnés par une
nuée de mouches et de taons qui harcèlent les ânes mais nous laisse
tranquille. Tulipes et Arnica tentent vainement des arrêts pour quelques
broutilles mais la consigne donnée par la propriétaire est stricte :
surtout ne pas céder. L’âne est futé et, comme beaucoup d’entre nous,
préfèrent les friandises au travail.
L’ascension débute progressivement mais 1000 mètres de
dénivelé nous attendent aujourd’hui. Chacun prend son rythme de marche.
Une vieille dame dans le premier village nous conseille un endroit pour la
pause repas ou chacun pourra paître et repaître tranquillement à l’ombre,
sur le bord d’un ruisseau.
La marche reprend sur un long chemin caillouteux en
lacet. Arnica s’en donne à cœur joie. Ilian doit descendre de Tulipe pour
éviter une chute. Arnica pose les genoux à terre : attention à l’omelette
(quand l’âne rie l’homme lette... Proverbe chinois) Il faut décharger puis
recharger. La prochaine fois méfiance si elle tape du pied !
Conduire un âne demande patience et sang-froid. La
diplomatie et une pincée de fermeté sont un gage de réussite.
C’est le soulagement une fois atteint le col de la
Marmalle. Les commentaires vont bon train. Les exploits de chacun seraient
trop longs à raconter ici. Les ânes soufflent. Il faut encore atteindre le
refuge du Chioula à 1600 mètres d’altitude. C’est une petite maison dans
la prairie et tout autour, les montagnes. L’air est léger et frais mais
l’haleine des bergers fêtards un peu moins : YAOULI !
Il est
17h30 : nous plantons les tentes.
Tulipe et Arnica sont gâtées, elles disposent d’un
enclos ou se trouvent quelques compagnons. Un seau d’eau et du son pour
terminer la journée et tout le monde s’endort.