Le Parc Interrégional du Marais Poitevin est une
structure au service de son territoire. Dans le cadre de sa mission de
conservation génétique, il s’attache à la sauvegarde des variétés et des
races locales en général et, en particulier, à celle d’une race d’âne
très originale : le baudet du Poitou.
L’âne est un équidé particulièrement apte au port
d’un bât et à l’attelage. Il est très utilisé dans les pays en voie de
développement pour les travaux les plus divers. Cependant, le baudet du
Poitou n’a jamais connu ces usages.
Son origine est peu connue, mais sa renommée fut sans
mesure au cours du XVIIIe et du XIXe siècle, lorsqu’il produisait, en
croisement avec la jument mulassière poitevine, une mule qui s’exportait
dans le monde entier. Cet hybride héritait du grand format de sa mère et
de la sobriété de son père et était particulièrement apprécié pour
porter de lourdes charges sur des parcours difficiles.
La montée en puissance de la mécanisation a eu raison
de cette filière et les baudets du Poitou virent, peu à peu, leurs
effectifs diminuer dangereusement.
En 1977, l’alerte fut donnée et un programme de
sauvegarde a été lancé. L’Asinerie nationale Expérimentale est alors
créée par le Parc et les Haras nationaux. Il existe aujourd’hui un peu
plus de 300 individus dans le monde, mais l’étude génétique de la
population montre qu’elle est fortement consanguine. Un plan de gestion
des accouplements est proposé dans cette étude.
Tenant compte des contraintes importantes numériques
et géographiques, les baudets du Poitou sont partagés en six familles.
Dans chacune d’entre elles, les individus sont proches génétiquement
mais peu apparentés avec les baudets des autres familles. Les mâles
d’une famille rencontreront tour à tour les femelles des cinq autres
familles avec un décalage de trois ans. Ainsi, au bout de 18 ans, vers
les années 2020, la population aura retrouvé une variabilité génétique
suffisante pour écarter toutes menaces de dérive génétique.
Cependant, afin de mener à bien le programme de
sauvegarde du baudet du Poitou, d'autres mesures doivent être
envisagées...
Pour en savoir plus sur cette étude,
l'Asinerie du Net vous renvoie sur
le site de Christine Bertoni créé à cette occasion.
Christine Bertoni,
extrait du mémoire de fin d'études ingénieur travaux agricoles.